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Les critiques du père Jojo

 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Hunter X Hunter Dreams Index du Forum -> Membres -> Mangas/Animes/OST
Jojo
Hunter Moderation

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MessagePosté le: Dim 24 Sep - 10:20 (2017)    Sujet du message: Les critiques du père Jojo Répondre en citant

Je copie-colle depuis là où je les avais postées initialement sur huntersworld.forumactif.com
Bien évidemment je ne les mets pas toutes d'un coup.

Puisque je me lance souvent dans des critiques particulièrement longuettes - couvrant parfois toute l'œuvre - et étant donné tout ce que je peu écrire pour trois tomes seulement (trois tomes complets suscitent plus de réaction que cinquante tome vides cela dit), je vais vous lister tout ce que je recommande et vous ferais une critique à la fois. Je ne respecte aucun ordre, juste le manga que je me sens prêt à commenter sur le coup.
La liste est bien évidemment susceptible d'être mise à jour au fur et à mesure de mes lectures futures (tiens Hama, une assonance avec une pointe d'allitération, c'est cadeau) et aussi selon mes souvenirs car je peux en oublier.


Liste :


- Sunabozu (Desert Punk) de Masatoshi Usune 
- Monster de Naoki Urasawa
- 20th Century Boy de Naoki Urasawa
- L'intégralité des histoires courtes de Junji Itô 
- Vagabond de Takehiko Inoue 
- Slam Dunk de Takehiko Inoue 
- Bobobo-bo-bo-bobo de Yoshio Sawai
- Pyuu to Fuku Jaguar de Makkoi Saitô 
- The World is Mine de Hideki Arai
- Gantz de Hiroya Oku
- Shigurui de Takayuki Yamaguchi
- Shônan Junaï Gumi de Tori Fujisawa
- GTO de Tori Fujisawa
- Shamo (Coq de combat) de Izô Hashimoto (scénario) et Akio Tanaka (dessin, puis scénario au départ de Izô Hashimoto)
- Koroshiya Ichi (Ichi the Killer) de Hideo Yamamoto
- Homunculus de Hideo Yamamoto
- Jojo no Kimyô na Bokken (Jojo's Bizarre Adventure) de Hirohiko Araki
- Kingdom de Yasuhisa Hara 
- Liar Game de Shinobu Kaitani
- Kiseijuu (Parasite) de Hitoshi Iwaaki 
- Level E de Yoshihiro Togashi 
- Akira de Katsuhiro Otomo
- Ultra Heaven de Koiichi Koike
- The Gamer de San-Young Sung

Anime


- Ginga Eiyuu Densetsu des studios Artland et Magic Bus
- Cow Boy Bebop de Shin'Ichiro Watanabe

En rouge, les incontournables. Incontournables non pas car étant mes préférés (difficile d'établir un classement avec des registres si différents), mais reconnues comme étant cultissimes par le plus grand nombre de ses lecteurs et à lire absolument.
Sont soulignés les mangas encore en cours de parution.
Seront barrés d'un trait chacune des séries dont j'aurais établi la critique.


Et nous allons commencer avec Gantz (interdit aux moins de dix-huit ans). Nous en avions parlé en Chat Box et puis... j'en ai besoin. Je dois exorciser cette lecture. Vous ne serez pas les lecteurs d'une critique mais des thérapeutes passifs qui allez lire la folie graduelle d'un homme autrefois sain d'esprit. 


Étant un esprit brillant, je me permets en préambule de m'autosuc...citer.



Démystifier, c'est tuer le mythe.
 



Dans certaines œuvres, et nous en discutions ici-même, la question "pourquoi" est amenée à se poser. "Pourquoi" ou "d'où ça vient ?". Chercher à connaître une origine à toute chose est parfois malsain, et il y a des questions auxquelles on ne veut pas connaître la réponse.
La pertinence de la réponse au "pourquoi" est accessoire voire même contre-productive. Lorsque j'évoquais cela en discutant de I Am a Hero je faisais savoir qu'en réalité, l'origine des zombies dans l'œuvre n'a absolument aucune importance. L'intérêt avant tout est situationnel et non scénaristique ; c'est de voir comment vont évoluer les personnages dans cet univers dans une situation donnée.
Il en va de même pour le principe abusif du Flash-Back dans le manga où on donne des origines à tout le monde. Je relisais Eyeshield 21 (qui n'est pas dans ma liste à cause des 50-60 derniers chapitres) et, avec un ami, nous avons observé le Flash Back d'Hiruma. Pour ceux qui ne savent pas, Hiruma Yoichi est ce personnage charismatique, capitaine de l'équipe de football américain, rusé, sournois et dynamique qui vole la vedette au héros tant il est appréciable. De son comportement et de son charisme émane un mythe, le mythe Hiruma Yoichi. Lui faire un Flash-back, ce n'était pas lui rendre service. Cela ne donnait pas plus d'informations sur lui, ça ne contribuait qu'à le déconstruire et le rendre plus anodin. Pareil pour le Flash Back d'Hisoka voulu par l'auteur de Tokyo Ghoul. Un personnage tel qu'Hisoka relève de la légende. Il combat, il vit pour cela et nous n'avons pas à en savoir plus. Mettre quelqu'un à nu, c'est le rendre insignifiant. L'Empereur n'est imposant que de part sa prestance et ses apparats. Un Empereur à poil, c'est un pignouf le zob à l'air et rien de plus.


Je digresse avant même d'avoir commencé la critique, mais je digresse à raison. J'ai hésité à inclure Gantz dans la liste, car de tous ces mangas, il est le seul dont la fin (très longue) est objectivement décevante. La raison étant que l'on s'éloigne de ce qu'a a toujours été le manga : une série B assumée formidablement construite, innovante mais ne valant pas un kopec au niveau du scénario car n'en ayant aucun.
Lui donner un semblant de scénario lors de l'arc final en donnant une origine à la boule noire appelée Gantz, c'est tuer l'intérêt même du manga, tout l'aspect mystique et mythique qui entourait ce mystère qui au final importait peu. Car pour Gantz comme I Am a Hero, l'intérêt de l'évolution des protagoniste se fait dans un cadre situationnel et non scénaristique. Si je ne suis pas clair, j'essaierai de revenir en détail sur la distinction entre situationnel et scénaristique. Pour résumer, je dirais que situationnel relève de la mise en scène et d'une avancée des personnages qui se fait au jour le jour sans avoir à appréhender la suite de leur vie sur long terme, et scénaristique, se construisant autour d'un arc narratif entremêlé d'intrigues à révéler et à détricoter pour comprendre le cœur du récit qui n'a aucun sens autrement.


Ce préambule achevé, je vous ai d'emblée "spoilé" en vous faisant savoir que l'origine de Gantz sera hélas révélée. Pourtant, le manga relevant du situationnel et non du scénaristique, cette révélation n'a absolument aucune importance. Là où le spoil pourrait être dramatique, ce serait si je vous disais qui survit à la fin de chaque "séance" de Gantz.


Vous ne comprenez pas quand je vous parle de séance ? Alors nous avons assez bavassé, entrons dans le vif du sujet.




[img(500px,350px)]https://images5.alphacoders.com/305/305792.jpg[/img]



Sois moins pressé jeune homme, j'y viens.


 


Kei Kurono est un lycéen. Un lycéen assez lamentable à vrai dire, plutôt cynique avec une pointe de lâcheté. Il est ce genre de taciturne qui se tait non pas parce qu'il est profond mais parce qu'il n'a rien d'intéressant à dire. En rentrant du lycée, il retrouve un ami de primaire Masaru Katô. Ce dernier lui rappelle alors à quel point il l'adulait plus jeune, admirant jusqu'au courage de Kei, courage n'étant plus chez lui qu'un lointain souvenir.
Apercevant un S.D.F s'écroulant sur les rails du métro, Masaru, candide et serviable par nature cherchera à le sauver avant que le métro n'arrive. Il demandera de l'aide à Kurono qu'il venait de croiser pour hisser l'ivrogne ayant chuté et le mettre hors de danger. Lâche, Kurono va tout de même aider Masaru, mais leur bonne action n'est pas récompensée car à peine le SDF hissé en sécurité que le métro fauche Katô et Kurono, les déchiquetant et les tuant sur le coup.


Juste après le choc, entiers, Kurono et Katô se retrouvent dans un appartement avec vue sur Tokyô, ville dont ils sont résidents. Avec eux, des inconnus aux profils divers : une jeune fille nue, deux yakuzas, un employé du bureau, un ancien politicien en habits de patient d'hôpital, un collégien et un étudiant.
Ne pouvant sortir de cet appartement dont la porte est scellée et ne peut être forcée, tous admettent être morts juste avant d'atterrir ici. Dans la salle où ils sont réunis, trône une large boule noire.




 

Où vous vous trouvez ? Dans la merde...
 


Cette boule s'ouvre soudain. Elle révèle des armes à feu inconnues, des combinaisons moulantes étranges que personne ne met et, à l'intérieur de la boule, un homme nu endormi est relié par câbles. Sans avoir de réponse à leurs questions, ils sont téléportés quelque part dans un quartier de Tokyô après qu'un drôle de message se soit affiché sur l'écran de la boule noire (que nous appellerons Gantz) où il était question d'une cible à abattre.
Enfin dehors, même s'ils ne savent comment, tous décident de rentrer chez eux. Seulement en s'éloignant trop, la tête de l'un d'entre eux explose.


Tous ont un implant explosif en tête qui les tuera s'ils s'éloignent du périmètre de chasse leur étant attribué. Ils ont une heure pour trouver la cible désignée par Gantz et la tuer. La tâche n'est pas aisée, et beaucoup périssent durant la tentative. Grâce à l'uniforme offert par Gantz aux participants de sa séance de jeu macabre, Kurono survit avec Katô et sont à nouveau téléportés dans l'appartement où la porte est cette fois ouverte.
L'un des survivants ayant participé à plusieurs séances de chasse voulues par Gantz leur explique alors leur situation : ils sont morts. Ce qu'ils sont à présent n'est qu'une copie conforme de ce qu'ils étaient avant leur décès. Gantz les a choisi pour leur donner une deuxième chance en participant à ses séances de chasse. Les règles sont en réalité simples :


- Gantz à sa prochaine séance - pouvant arriver n'importe quand - téléportera les joueurs ayant survécu à la dernière séance ainsi qu'un contingent de nouveaux joueurs qui comme Kei et Katô sont des personnes étant décédées récemment.
- Une cible leur sera à nouveau attribuée ainsi qu'un périmètre où ils devront combattre et tuer les bêtes (ce sont en réalité des aliens de race différente à chaque fois).
- Tuer une cible rapporte des points, tuer un boss en rapporte davantage.
- Durant la séance où ils sont téléportés dans les rues de Tokyô, ils sont invisibles aux yeux des passants, mais les dégâts qu'ils engendrent à l'environnement ne le sont pas.
- Une fois le boss tué, tous les survivants sont téléportés à l'appartement et peuvent à nouveau partir. À noter que tous ceux blessés se retrouvent comme neuf une fois téléportés à nouveau dans l'appartement. 
- Une séance s'arrête lorsque le boss est tué, que tous les joueurs sont morts ou que le délai d'une heure accordé est écoulé.
- Si une séance se termine par le délai, tous les joueurs voient leur compteur de point total retomber à zéro. En cas de deux séances terminées par délai d'affilée, l'explosif implanté dans leur tête les élimine.
- Les points sont cumulés de séance en séance.
- Lorsqu'un joueur finit par accumuler cent points, il peut soit voir sa mémoire lavée et être libre de l'emprise de Gantz, ressusciter un ancien joueur ou obtenir une arme de niveau supérieur.
- Si quelqu'un parle de Gantz ou de quoi que ce soit qui s'y rapporte à quelqu'un n'étant pas sous l'emprise de Gantz, l'implant l'élimine.


Et ce résumé exhaustif exposé, je vous annonce que Gantz sera un manga constitué non pas d'un scénario à proprement parler, mais plutôt d'une successions de séances entremêlées de la vie de Kei Kurono et des tourments que lui a procuré Gantz.


Vous êtes avertis : aucun personnage participant à une séance n'est sûr de survivre. Cette incertitude en soi est extrêmement bien gérée. On se plaît à pronostiquer sur les survivants et on se retrouve parfois, souvent, toujours très surpris du résultat.


Et j'en reviens à la notion abordée en préambule du "pourquoi" sans réponse. Comme les participants de Gantz, nous sommes plongés dans cet univers sans en connaître les règles, à ne pas savoir ce qu'il se passe, à découvrir les règles petit à petit. L'immersion est parfaite, et même si certains personnages ne font pas long feu, on se surprend à avoir très vite de l'affection pour eux, même si ce n'est que pour une séance.
Imaginez un slasher qui se reproduit encore et encore avec certains personnages récurrents et où l'ambiance est toujours maniée d'une main de maître : Gantz. 


Mais Gantz ce n'est pas qu'une série B où la mise en scène et la gestion des personnages est plaisante et addictive à la lecture, c'est aussi une expérience visuelle.





[img(500px,350px)]http://i6.mangareader.net/gantz/258/gantz-35552.jpg[/img]
 

Oh la vache !
 


Des dessins assistés par ordinateur où l'utilisation du progrès technique est sans cesse repoussée plus loin. C'est proprement époustouflant, une claque dans la gueule à chaque page d'action ; on a d'abord le souffle coupé à cause de la tension, puis ensuite par les dessins qui, bien qu'assistés par ordinateur ne sont pas impersonnels pour un sou. L'alliance réussie du progrès technique en matière de dessins - contre lequel je suis pourtant souvent opposé - et d'une mise en scène réussie associée à des plans parfaitement réalisés.


Une petite merveille. Le caractère série B, n'en fait même pas un plaisir coupable, c'est incontestablement une œuvre puissante en dépit de certaines légèretés assumées. C'est gore mais esthétique, y'a des pin up en début de chapitre mais c'est élégant. Gantz, c'est la beaufferie reléguée au rang d'art, un art exquis qui vous séduira sans faillir.


Et nous en venons maintenant à l'aspect moins reluisant de l'œuvre.
Avant d'en venir à l'arc final qui est juste une démesure propre à la fin de beaucoup de Shônen avec le gros bordel sans intérêt, un élément a entamé une plaie superficielle mais douloureuse durant la seconde moitié de l'œuvre : Tae-chan.




 

Salope, salope, salope !
 


Elle ne paie pas de mine comme ça, mais qu'est-ce qu'elle va nous faire chier !
Pardonnez mon langage, le traumatisme commence déjà à resurgir. Dans la liste de mes pires cauchemars il y a en troisième position le relativisme, en seconde position les abysses et loin, très loin devant cette sale p#&@ de Tae-chan. Si jamais une demoiselle avec une plastique semblable me passait devant dans la rue, je frapperai par réflexe. Pas de malveillance hein ! Juste que....


Tae-chaaaaaaaaaaan ! :56: 


Vous l'aurez compris, le personnage est assez horripilant. 


Comme je vous l'ai fait savoir, entre chaque séance de Gantz, il se passe des choses (faut bien meubler). Souvent on en apprend plus sur de futurs gantzers avant qu'ils n'y passent, et on a droit à la vie quotidienne de lycéen de Kurono. Tae-chan après quelques événements sordides survenus par la faute de Gantz deviendra la petite amie de Kurono qui à son contact gagnera en maturité. Je n'étais pas hostile au principe, j'apprécie beaucoup Kurono qui est très crédible en tant que petit con veule et cynique qui peu à peu retrouve son courage passé grâce à son expérience au sein de Gantz et ses (courtes) rencontres.


Mais Tae-chan deviendra le "précieux" de Kurono. Tout tournera autour d'elle.


Seulement, Oku (l'auteur) réussira à compenser en rendant les séances suivantes si passionnantes qu'elles en éclipseront ce personnage agaçant. Mais vous voilà prévenus... Tae-chan c'est le diable !


Concernant l'arc final ?
Fête du slip. 
Alors que le manga n'a jamais eu aucune prétention scénaristique, soudain, sorties de nulles part pleuvent les intrigues. Alors qu'on avait mis l'origine de Gantz de côté tout le manga (à raison) on ressent le besoin physique de nous expliquer d'où que ça vient et à quoi ça sert, explication décevante au demeurant. Je l'ai écrit, démystifier, c'est tuer le mythe, et tuer le mythe de Gantz d'un manga appelé Gantz, par loi de transitivité, c'est tuer le manga.


Puis là, catastrophe mondiale avec les aliens, un arc final nullissime sans enjeu et à rallonge où les personnages principaux paraissent plus fades pour se conclure de manière abrupte avec un Happy End stupide sans même une ouverture sur la suite des séances éventuelles de Gantz. Non, tout va bien, les gentils l'emportent sur les méchants (alors qu'il n'était pas question de gentils et de méchants, mais de chasseurs et d'aliens chassés, ce qui posera un cas de conscience à Katô).


Si j'ai au final inclus Gantz dans ma liste en dépit de sa fin infâme, c'est qu'il en vaut réellement le coup, vous serez vite accroc, anxieux et pressés à la fois en attendant la prochaine séance et à vous demander "qui va y passer ?" en vous délectant de situations et de dessins savoureux.


Je vous souhaite un bon régal avec cette orgie de sang, de pin-up et d'adrénaline qui vous attend.
_________________


Dernière édition par Jojo le Lun 10 Sep - 10:51 (2018); édité 7 fois
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MessagePosté le: Dim 24 Sep - 10:20 (2017)    Sujet du message: Publicité

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Medusa
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MessagePosté le: Sam 21 Oct - 10:28 (2017)    Sujet du message: Les critiques du père Jojo Répondre en citant

J'entends beaucoup parler de Kingdom. Tu pourrais en parler? (et au fait, c'est bien de mettre des images, mais ça déforme l'écran).

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Jojo
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MessagePosté le: Mar 24 Oct - 21:58 (2017)    Sujet du message: Les critiques du père Jojo Répondre en citant

Je vais parler de Kingdom, c'est à mon sens la seule série encore à ce jour parmi les Shônen qui vaille la peine d'être lue.
Pour les images je vais formater à du 300 pixel max.
_________________


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Jojo
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MessagePosté le: Jeu 26 Oct - 15:24 (2017)    Sujet du message: Les critiques du père Jojo Répondre en citant

Bien que le Shônen soit toujours en cours de parution, à mon sens le seul qui vaille encore la peine d'être lu aujourd'hui et dont la trame a encore de beaux jours devant lui : c'est Kingdom.


Shônen certes, mais pas Nekketsu. En tout cas, pas un Nekketsu classique puisqu'il est tout de même question de suivre la progression d'un protagoniste principal qui sera a évoluer pour le mieux dans ses aventures. 
Puisque Medusa demande (exige en réalité) une rétrospective sur ce manga encore en cours de parution et pour longtemps, je me plie à ses désirs (celui-ci en tout cas) avec plaisir.


Dans un premier temps, il faut savoir établir ce qui a permis à Kingdom de supplanter les Shônens classiques dont la lecture de la moindre case me file un début de dysenterie tant le contenu est dépourvu d'audace, de travail ou d'originalité. 


Sont-ce les personnages qui brillent par leur richesse ? Non. Pas nécessairement en tout cas. L'intrigue offre un certain panel de personnages, certains plus marquant que d'autres. Plaisants, bien que quelque peu archétypés pour beaucoup, rien de transcendant à attendre de côté là, bien que je puis garantir que tout le monde y trouvera son compte et trouvera son personnage préféré. 


Est-ce un renouvellement majeur des codes du Shônen ?! Non. Kingdom ne renouvelle pas grand chose. Du fait d'une trame assez grave (une succession de conflits armés), on ne verse pas non plus dans le pouvoir de l'amitié ou le hentai (peu de gonzesses et - ô miracle - elles ne servent pas à exhiber leurs attributs mais ont un rôle digne d'intérêt !), donc c'est réglo, sans fan service, mais on retrouve quelques classiques (pas décevants pour autant) du Shônen. 


Sont-ce les dessins ? Non. Les dessins sont corrects, mais rien de mémorable à répertorier de ce côté là.


Est-ce le scénario ? Non. L'histoire se déroule en Chine médiévale.... ET CE N'EST PAS À L'ÉPOQUE DES TROIS ROYAUMES !!! C'est suffisamment rare pour être rapporté. Il s'agit du deuxième siècle avant Jésus-Christ, avant la constitution et l'unification de la Chine. C'est de l'historique avec un peu de fiction (beaucoup en fait, pas mal de personnages qui n'ont jamais existé, en l'absence de documentation, c'est quasiment que de la spéculation historique sur les intentions de tel et tel belligérant, mais c'est tout).


Bah c'est quoi alors ?


Les batailles et les jeux d'intrigue à la cour.


Quand je vous dit Shônen et batailles, à quoi pensez-vous ? À la fin de Full Metal Alchemist, À a fin de Naruto, À Marineford dans One Piece pour les plus connus. Alors, un sourire béat s'affiche sur vos lèvres et vous vous dites "Aaaah.... que c'était merdique" ce à quoi je vous répondrai que vous avez entièrement raison. 


Pourquoi les arcs de guerre sont voués à être des déceptions dans les Shônens ? D
D'abord, les protagonistes ont souvent des forces démesurées. Il n'y a plus de rapport de force qui fait qu'on l'ait l'impression qu'il s'agisse d'une guerre, mais plutôt d'un enchevêtrement de duels successifs au milieu d'un brouhaha chaotique que l'auteur ne parvient même pas à maîtriser.
Ensuite parce que deux factions constituées de plein de monde qui se rentre dans la gueule sans stratégie, bah... c'est chiant. 
 
 
En clair, on ne s'improvise pas concepteur de batailles prenantes comme ça. Et je soupçonne l'auteur de Kingdom d'avoir dû potasser un paquet d'ouvrages militaires pour avoir élaboré les guerres qu'il a dépeintes sur papier. Lart de la guerre y est écrit de manière intelligible, passionnante et même crédible !
On sent que l'auteur n'improvise pas, qu'il y a du travail derrière chaque stratégie envisagée. Un pur délice que je ne pourrais vous décrire par ces simples mots. Vous me voyez en effet contraint de vous forcer (bien que je n'ai pas eu à me forcer personnellement) à lire cette série qui a débuté en 2006 et que personne ne boude.


Ce manga est d'ailleurs si culte qu'un tome a été réécrit par un collectif d'auteurs du Jump où chacun s'occupait de quelques pages : http://www.animenewsnetwork.com/interest/2012-06-01/one-piece-oda-naruto-kishimoto-redraw-kingdom-manga


Histoire


Xin/Shin (les noms chinois ont été japonisés dans beaucoup de versions) est un paysan sans envergure, orphelin (tu le sens là le côté personnage principal de Shônen hein ?!) et, avec son ami Hyo, souhaite embrasser la carrière militaire et devenir un grand général du royaume de Qin (une province actuelle de l'Ouest de la Chine).
Comme les orphelins sans histoire dans les Shônens ont toujours une histoire qui leur tombe dessus : Hyo meurt. Voilà, c'est fait, ce n'est plus à faire. Il meurt après avoir été emmené par un officier de la cour de Qin du fait de sa ressemblance physique avec l'actuel souverain Ei Sei. Ainsi, il meurt à la place du roi, un jeune homme qui a été destitué du trône de Qin par son demi-frère et ses soutiens à la cour. 


Ei Sei s'enfuie avec une poignée de fidèles et retrouve Shin qui les suivra dans leur exil. Ensemble, ils chercheront un soutien pour reprendre le pouvoir à la cour. Ce qui finira par arriver après quelques temps.


Une fois à nouveau roi légitime de Qin, Ei Sei doit lutter avec une faction politique interne du royaume menée par son premier ministre, un redoutable marchand aux réseaux tentaculaires, administrant presque le royaume par lui-même. En parallèle, ce nouveau roi reprend ses attributions et entame une campagne territoriale comme il en existait tant à cette époque. Shin la rejoindra en tant que simple soldat, grimpant les rangs de batailles en batailles.
 
 

Ei Sei finira alors par établir son rêve : unifier les sept provinces de Shin.
Pour ce faire, il devra vaincre politiquement la faction lui étant hostile et trouver des soutiens militaires d'envergure.


Politique, guerre, m'en faut pas plus !


Avant d'en arriver aux batailles, il faut un certain temps pour que Ei Sei retrouve son trône. l'intrigue en soi n'est pas mauvaise, mais elle n'est certainement pas à la hauteur de ce qui suivra. Donc si le premier arc vous lasse, pitié, tenez bon, les choses sérieuses commencent lors de la première campagne et ne cessent plus dès lors.


Les stratégies militaires sont époustouflantes tout en demeurant réalistes (on a bien évidemment le coup des généraux bien costauds qui tranchent des gugusses en deux comme s'ils étaient faits de beurre, mais en dehors de ça, c'est effectivement réaliste). et surtout.... compréhensibles. Car lorsqu'on y réfléchit, c'est loin d'être évident de rendre une vue d'ensemble chaotique (guerre oblige) claire et cohérente pour le lecteur sans avoir à être professoral et revenir partout point par point.
Non, là, tout est fluide. On arrive à aborder aussi bien les divisions mobilisées pour telle ou telle stratégie, les points de vue des généraux, se focaliser sur les subalternes....
L'approche macro et micro de la bataille est abordé. Un pur plaisir qui se lit tout seul. 


Ajoutons à cela le volet politique. Le manga se décompose en deux volets : Shin qui fait la guerre, et Ei Sei qui doit gérer la cour. C'est une toute autre bataille qui a alors lieu, une lutte d'influence pour que chacun puisse assouvir ses objectifs politiques pour Qin. Gérer à la fois ses réseaux d'influence et ses soutiens sans s'aliéner un tel ou un tel. Une guerre froide perpétuelle avec des intrigues sournoises et aussi appréciables que les épisodes guerriers.


On ne peut pas passer à côté de Kingdom. Comme je vous l'ai dit, c'est une pépite en ce sens où il s'agit du seul shônen en cours de parution qui soit intéressant. Jamais de déception (l'arc de la coalition était un peu trop long à mon goût mais rien de plus), plus de dix ans de parution, et toujours du succès. Un succès peu audible en France hélas, la série souffre d'un manque de publicité. Le public français étant constitué de veaux ne jurant en priorité que par la version animé, ceux-là n'ont pas trouvé leur compte.
La version animé ne couvre qu'une très petite partie du manga (l'équivalent de deux -trois ans de parution environ) et est esthétiquement à gerber. 


Alors... faites honneur à ce manga qui vous ravira à la lecture j'en suis certain et allez lire Kingdom au plus vite.
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Jojo
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MessagePosté le: Sam 19 Mai - 15:15 (2018)    Sujet du message: Les critiques du père Jojo Répondre en citant

Personne n'a réagi à ma présentation de Kingdom

Me demande si ça vaut bien la peine que je continue.

Mais puisqu'il s'agit un service commandé....

https://www.youtube.com/embed/phAoChN1nC4

GTO. Manga de Toru Fujisawa.

Il s'agit de la suite de Shônan Junaï Gumi, publié sous le titre Young GTO en France et en occident.

Quelques mots sur Shônan Junaï Gumi d'abord.

Eikichi Onizuka et Ryuji Danma forment le Onibaku Combi, un duo légendaire parmi les lycéens réunissant les deux plus grosses racailles (format Bosozoku) capable de mettre des dérouillées pas croyables aux bastons.
Mais la baston n'est pas tout ce qui les intéresse. Ils ont 16 ans, les hormones les travaillent et ce sont de vrais obsédés sexuels prêts à tout pour tirer leur crampe.

Le manga se repose sur un socle humoristique avec quelques petits éléments de drame et d'action pour pimente le toutr. Une petite bande de racailles à motos qui font un peu leur loi dans la préfecture de Shônan et dont les aventures se cantonnent au rythme de la vie de lycée. Beaucoup de personnages attachants et amusants à découvrir dont assez peu paraîtront dans GTO (Ryuji Danma et Saejima Toshiyuki seulement).

Puis vient GTO.

GTO doit surtout son succès à la série d'animation de 43 épisodes qui a su marquer les esprits.

Eikichi a 22 ans, il souhaite devenir professeur pour tirer deslycéennes. Racaille à peine repentie, toujours aussi illettré, stupide et violent il croit en sa vocation et réussit à rejoindre une prestigieuse école privée pour collégiens (mettant fin à ses lubies de se taper une élève).
La directrice qui l'a embauché lui a confié la classe la plus difficile, la 3eme 4 en espérant que ses méthodes peu orthodoxes (il est question à un moment de fouetter le fessier de collégiennes et de tas d'autres facéties qui lui vaudraient la taule) permettent de discipliner cette classe qui a su faire fuir tous ses professeurs par le passé.

Contrairement aux élèves difficiles qu'étaient Onizuka et sa bande par le passé, les membres de la 3eme4 ne sont pas des racailles violentes et braillardes. Unis par un drame qui aura su fédérer leur haine de tous les profs, ils regorgent de sang-froid et d'intelligence pour prendre à revers ce prof idiot et impulsif qui saura, élève après élève, les rallier à lui pour les extirper de leur haine des professeurs jusqu'à ce qu'enfin il en découvre l'origine.

GTO est une approche lucide de la jeunesse japonaise de la fin des années 1990 et doit son succès au fait d'avoir mis dans le mille en identifiant des profils d'élèves divers et variés très crédibles et non pas stéréotypes comme ce sera le cas dans la suite des œuvres de Fujisawa.
Jeune, on rêve de ce professeur aventureux et marrant capable de se sacrifier pour les élèves, luttant contre l'autoritaire vice-principal Uchiyamada. Il y a clairement une douceur de vivre qui se dégage du manga et de l'anime, celle qui sied à une jeunesse vivant ses meilleures années et qui gagne en maturité auprès d'un homme qui n'avait pourtant rien d'un pédagogue.

Eh bien.... ça ne se lit pas de la même manière quand on est au collège et dix ans plus tard...

Les méthodes d'Onizuka sont dévastatrices et insouciantes. Un professeur ferait ça aujourd'hui qu'il compromettrait gravement la jeunesse dont il est responsable. Onizuka lui-même est un illettré qui, parce qu'il enseigne "La vie" à ses élèves se voit tout pardonner et n'a jamais à assumer les conséquences de ses actes, ce qui n'est pas vraiment une leçon à enseigner à la jeunesse.
Uchiyamada, pointé comme l'antagoniste d'Onizuka (car vieux, autoritaire, rigide) serait en réalité la voix de la raison. Il est rigoureux, lui aussi à son échelle se sacrifie pour l'école et, justement parce qu'il tient aux élèves s'oppose aux méthodes d'Onizuka.

Vous ne verrez pas une fois Onizuka faire classe à ses élèves (qui sont plus intelligents que lui pour la plupart), il est mauvais à ce point Very Happy

Il vaut mieux s'en tenir à la version animé (dont la fin est bâclée) pour plusieurs raison.

LA VF BORDEL ! LA VF ! (tous dispos sur youtube en toute légalité) L'engouement en France pour ce manga tient à ça. Non mais, écoutez-moi Benoît Dupac dans le rôle d'Onizuka ! Personne n'a jamais insufflé autant de dynamisme au personnage qu'il était chargé de doubler :

https://www.youtube.com/watch?v=pF_vtiBfya0

Du pur régal, on se laisse aisément transporter grâce aux efforts fournis pour le doublage.

Pourquoi se limiter à l'anime ? Car passé la moitié du manga, les répétitions sont légions. Onizuka s'adonne à telle baston pour sauver tel élève de la haine etc... à un point où ça perd en spontanéité et sent même le réchauffé.
MAIS ! Lisez le manga quand même, ne serait-ce que pour les trois chapitres sur l'inspecteur Saejima qui sont à hurler de rire.

En résumé, GTO, c'est le produit d'une époque. Une époque remarquablement bien retranscrite mais qui, à bien des égards, vieillit mal au fur et à mesure qu'on l'on devient adulte. Jeune, on le voit comme un héros, plus vieux, on le voit comme un danger. C'est assez amusant de changer autant de point de vue sur un personnage, ça prouve en tout cas que Fujisawa en ce temps là savait comment capter la jeunesse.

Par la suite il fera une chiée de suites de GTO ou de séries dérivées : Shonan 14 Days, Ino Head Gargoyles, Lost Paradise ou Kamen Rider. Le résultat est sans âme. Fujisawa savait dépeindre de manière réaliste et sans caricature une jeunesse qu'il connaissait car... il n'en était pas si éloigné. Seulement, le temps passe et il n'est plus dans le coup.

Je ne recommanderai pas chaudement GTO, plutôt Shônan JunaÏ Gumi/Young GTO pour l'humour en préambule. En revanche, c'est un incontournable à proposer à la jeunesse. Si vous avez de la famille ou des amis avec des collégiens/lycées à portée d'écran/de manga, mettez-leur GTO dans les pattes, vous ferez son bonheur car c'est vraiment un manga qui a marqué son époque.

Nous ? Comme Fujisawa, on n'est plus dans le coup.
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Jojo
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MessagePosté le: Mer 23 Mai - 08:01 (2018)    Sujet du message: Les critiques du père Jojo Répondre en citant

Bien la peine de me demander une critique si c'est pour ne même pas commenter.
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MessagePosté le: Jeu 24 Mai - 13:40 (2018)    Sujet du message: Les critiques du père Jojo Répondre en citant

J'ai vu tout l'animé. J'ai été un peu étonnée par la fin, mais j'ai adoré en général. Onizuka est complètement dingue. 


Les élèves sont vicieux comme pas possible, surtout Miyabi.


Le doublage vf, effectivement, c'est de la bombe. Entre le langage parfaitement d'époque (j'ai été ado à ce moment, c'est exactement le bon vocabulaire) et la voix d'Onizuka...


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Jojo
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MessagePosté le: Dim 27 Mai - 09:05 (2018)    Sujet du message: Les critiques du père Jojo Répondre en citant

La fin de l'anime n'est pas du tout celle du manga. Rien à voir. Je te suggère de le lire.
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MessagePosté le: Mer 6 Juin - 05:21 (2018)    Sujet du message: Les critiques du père Jojo Répondre en citant

 GTO j'avais vu quelques épisodes à l'époque. C'était pas trop mal mais bon je n'avais pas accroché (aucune raison en particulier).
PS: J'ai aussi vu ta critique sur Kingdom et je suis assez surpris car les débuts m'avaient fait abandonné ce manga. Mais en te lisant, je me demande si un jour je ne fais pas retenter l'expérience.


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MessagePosté le: Jeu 7 Juin - 08:09 (2018)    Sujet du message: Les critiques du père Jojo Répondre en citant

Tu devrais vraiment t'attarder sur Kingdom. Je puis comprendre que les premiers tomes rebutent, mais lors des premières batailles, le réel intérêt du manga se dévoile enfin.
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MessagePosté le: Ven 8 Juin - 01:44 (2018)    Sujet du message: Les critiques du père Jojo Répondre en citant

Noté:).

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MessagePosté le: Dim 15 Juil - 10:03 (2018)    Sujet du message: Les critiques du père Jojo Répondre en citant

Vous le savez, je ne suis pas très anime. Pas que le support me rebute, mais l'idée d'être enseveli sous des torrents de merde me répugne quelque peu. Le gros des succès d'animation japonais sont des adaptations de manga à succès. Adapter, c'est trahir. Il y a quelques surprises qui font figure d'exception (Stardust Crusaders était une pépite, il faut se le dire et Monster mérite davantage d'être vu que lu), mais en dehors de ça, rien de tel qu'un anime pour plomber l'atmosphère véhiculée par un auteur dont on ne peut retranscrire le dessin ou le sens de la mise en scène. L'animation a pour principale caractéristique qu'elle est plus facile d'accès et plus facilement médiatisée que le manga, donc susceptible de toucher un plus large public.

Et vous savez ce que je pense de la masse ....

Eh bien, amis (et ennemis) de l'élitisme bonjour, je viens à vous avec la Rolls Royce du genre. De l'anime prétentieux, qui pète plus haut que son cul en cherchant à aborder des thématiques inédites et en se donnant un air profond, c'est pas ça qui manque (non, je ne chanterai pas le générique de NGE, non !). Mais là, je vous parle d'une forme d'élitisme qui repose non pas sur la prétention, mais la qualité objective.
Ce que je m'apprête à vous présenter pourrait vous brûler les rétines tant le rendu est brillant. Alors laissez-moi vous présenter l'adaptation en anime d'une série de nouvelles de science-fiction japonaise écrite pas Yoshiki Tanaka. Une série qui a su s'illustrer par la densité et le réalisme de ses intrigues politiques et militaires, magnifiées par l'animation lui ayant donné un souffle prodigieux. Oui, adapter, c'est trahir. Et parfois, on trahit pour le mieux.


Mesdames et messieurs, le nouveau Reich


Nous sommes dans un futur éloigné. L'humanité s'est extraite de la terre il y a longtemps de cela pour se répandre plus loin dans l'univers. Au fil d'une longue Histoire de plusieurs siècles (qui nous sera délivrée dans quatre épisodes géniaux dédiés à cet effet), se sont constituées deux factions. L'Empire intergalactique, une autocratie reposant sur un Kaiser et sa noblesse. Un Empire ayant des visées expansionniste dans l'univers. Issu de cet Empire et s'étant exporté sur d'autres planètes, l'Alliance des Planètes Libre est un ensemble se revendiquant de la démocratie libérale et s'opposant avec virulence à l'Empire.

Au milieu de ces deux ensemble, la planète de Fezzan dont la puissance repose sur ses capacités de marchand souffle le chaud et le froid et joue de ces deux factions pour ses intérêts propres.

La série débute donc sur une bataille spatiale entre les deux protagonistes principaux autour desquels se construira l'histoire de l'univers : Reinhard Von Lohengramm, un jeune amiral parvenu mais doté d'un génie tactique hors-du-commun et Yang-Wen Li, un militaire idéaliste et pacifiste qui, malgré les guerres politiques internes de l'Alliance des Planètes Libres (APL), parviendra à se hisser à l'un des plus haut-rang militaire pour défendre cette démocratie qu'il aime en dépit du fait qu'elle soit si malmenée.

Car, je l'ai brièvement mentionné, mais la guerre ne se situe pas en réalité entre ces deux factions. Le gros des batailles seront en réalité politiques issues d'intrigues, de complots, de divers groupes luttant les uns contre les autres dans une lutte intestine perpétuelle.



On notera assez facilement les inspirations de plusieurs événements politiques européens. L'arrivée de Rudolf Goldenbaum au pouvoir semblable à celle de Napoléon III en France, une période d'Armistice où le gouvernement occupé se retrouve les mains liées comme en France une fois encore, et l'inspiration évidente de l'esthétisme Prussien du 19eme siècle pour l'Empire.

Les personnages de la série étant légions, les intrigues gagnent évidemment en complexité, et là où n'importe qui aurait présenté le scénario comme une opposition classique entre les gentils (démocrates) et les méchants (autocrates), les deux systèmes politiques sont en réalité renvoyés dos à dos, leurs avantages et leurs inconvénients exploités sans aucune forme de manichéisme. Moi qui suis plutôt porté vers l'autocratie ai été satisfait de ce traitement juste et impartial de l'Empire dont la dictature s'avère en réalité bénéfique pour sa population là où la démocratie sclérosée de l'Alliance nuit aux intérêts des peuples qu'elle prétend représenter. Rien n'est blan ect rien n'es noir. On se surprendra parfois à maudire l'idéaliste pacifiste pour son intransigeance vis à vis de ses idéaux, aux dépends de la sécurité du peuple pour lequel il se bat, tout en applaudissant les décisions du marquis Von Lohengramm.

Qui dit personnages nombreux dit morts en série. Personne n'est à l'abri des griffes de la faucheuse dans cette série, personne. Et, fait rare, on ne cherche jamais à dramatiser les morts qui nous sont présentées. Cela est retranscrit tout en pudeur, sans musique larmoyante ou lamentations excessives. En état de guerre, les morts sont nombreuses et le bilan s'accroît crescendo.
Games of Thrones ? De la petite bière à côté.

Ginga Eiyuu Densetsu est le space opéra par excellence. Inspiré par Dune sur certains points, son intrigue est bien plus élaborée et ses personnages ne sont pas guidés par une connerie de prophétie. C'est une histoire politique palpitante et si crédible qu'on jurerait que cela est une chronique contemporaine. Je n'insisterai jamais assez sur la complexité et l'intelligence avec laquelle la narration fait avancer l'intrigue. Rien n'est laissé au hasard.
Les dialogues sont si prenant que vous jurerez qu'un épisode de vingt minutes dure une heure. Jamais anime n'a été aussi prenant.

L'animation en elle-même est sobre et parfois minimaliste à l'exception des scènes de bataille spatiales qui feraient pâlir d'envie les studios actuels de par leur qualité. L'anime a été distribué en 4 OAV de 1988 à 1997 comptant en tout 110 épisodes. C'est la plus longue série distribuée sous forme d'OAV et l'anime dont la distribution de voix est la plus conséquente au monde. Les petits plats dans les grands vous dis-je.

L'OST est composée exclusivement de morceaux de musique classique libres de droit. Un délice pour les oreilles et pour établir un certain état de pesanteur. Car là, il n'est jamais question de créer du drame artificiellement. La sobriété et le réalisme sont une des innombrables qualité de l'anime.

https://www.youtube.com/watch?v=KfD5jYBFB0M

Allez ! Regardez-moi ce chef d'œuvre. Ça ne se décrit pas, ça se vit. Et sans dévoiler l'intrigue, il est difficile d'exploiter au mieux le matériau qui fait la grandeur de l'anime.
Bien évidemment, la série de 2018 est à proscrire, optez pour celle de 1988-1997, c'est un monde à part.
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MessagePosté le: Mer 18 Juil - 05:04 (2018)    Sujet du message: Les critiques du père Jojo Répondre en citant

Ajouté sur la liste à chercher, merci.

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MessagePosté le: Lun 10 Sep - 10:41 (2018)    Sujet du message: Les critiques du père Jojo Répondre en citant

Bien, un hors série (que je vais toutefois ajouter à la liste maintenant que j'ai décidé de le faire). Il m'a été proposé par visiteur, un homme trouble et peu recommandable. L'idée étant pour lui de savoir si entamer la lecture du bousin en valait le coup.

Oui.

Oui.

Mille fois oui.

[url=https://www.youtube.com/watch?v=uVUVLvHcwF0]OUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !!!![/quote]

Toutefois, tempérons-nous et déterminons ici les raisons pour lesquelles vous devriez lire : The Gamer.

Jusque là, je n'avais lu aucun Manwa (manga coréen). Juste survolé Tower of God (édité par la même plateforme que The Gamer) et avait été plutôt décontenancé à la lecture tellement je ne pigeais rien. Je pensais que ça avait à voir avec le style de rédaction propre au Manwa et donc, me suis détourné de cela pendant longtemps.

Puis, visiteur m'a suggéré la lecture de The Gamer. Je me suis attendu à quelque chose d'une part incompréhensible, puis, peu inspiré. L'idée de base est pourtant séduisante, un lycéen coréen voit le monde comme dans un MMORPG. Il voit le niveau de chaque personne, gagne des niveaux en faisant tout et n'importe quoi, en faisant par exemple la vaisselle, ou en faisant des «quêtes» comme quand sa mère lui demande d'aller chercher du pain. En clair, il vit une vie normale, mais dont son pouvoir orchestre la mise en scène pour coller à un univers MMORPG.
À chaque passage de niveau, il peut répartir ses points dans chaque compétence : force, constitution, intelligence, sagesse, charisme, vtesse ce qui occasionne de vrais gains de compétence dans sa vie réelle (investir en intelligence lui permet de bosser ses exams sans effort par la suite).

Le principe de départ était assez intéressant à mes yeux. On est tous issus d'une génération de mangeurs de MMO et ce genre d'idée est susceptible de nous plaire. D'autant plus que nous sommes les lecteurs assidus d'un certain manga dont un arc entier évoluait au sein d'un MMO.

Je vais toutefois crever l'abcès. Au niveau graphique, c'est très simpliste, à la limite d'un dessin de collégien, le scénario ? Y'en n'a pas tellement, on se laisse plutôt porter au gré des événements qui se succèdent. Quant aux personnages, aucun n'est franchement intéressant. On reste dans de l'archétype strict et les personnages secondaires sont assez souvent délaissés au profit d'un personnage principal mis au centre de l'œuvre.

NON ! PARTEZ PAS ! J'en viens au point intéressant, le centre névralgique de The Gamer : le caractère technique du pouvoir.

L'aspect MMO est pas juste brossé pour attirer du jeune, il est réellement exploité par un connaisseur doublé d'un passionné. On a l'impression de suivre la progression d'un personnage de MMO, là en l'occurrence, d'un mage. On retrouve toutes les réflexions propres à l'évolution de son personnage, le risque de mourir en plus. C'est bien simple, les deux tiers du manwa se focalisent sur le personnage principal en plein entraînement à réfléchir à comment mieux exploiter son pouvoir.

C'est bien simple, si on vous présente une lecture où le personnage peut envoyer du feu juste... parce que... eh ça fait brouillon et on se détourne de ce pouvoir cliché. Si un personnage peut envoyer du feu parce qu'il a développé ses attributs, obtenue une compétence, l'a entraînée et doit en prime gérer son mana pour être sûr de ne pas en abuser, les considérations techniques légitiment l'emploi de ce pouvoir que l'on serait susceptible de trouver sans intérêt et peu imaginatif. Le personnage ne combat pas, il expérimente tout du long en utilisant diverses combinaisons de ses pouvoirs.
En dépit de sa progression rapide durant la deuxième saison, les antagonistes sont bien au-delà de son niveau. Il se retrouve même assez souvent spectateur des affrontements opposant les clans (des guildes de joueurs) entre eux.

Si vous n'avez pas d'attrait pour le genre MMO, alors oui, vous allez vous faire chier

Seulement, l'approfondissement du personnage dans ses explications techniques, les réflexions poussées et relatives au pouvoir m'ont vraiment rappelé Hunter x Hunter dans la mesure où Togashi explique tout et détaille à l'extrême.
Quelques mentions spéciales pour le clan de la dixième porte et le pouvoir de son président ou le dénouement de l'intrigue où ils s'opposent à un "dieu" créé artificiellement.

Faites-vous plaisir et lisez ce Manwa qui fut une petite pépite ayant su ravir mon cœur terne et cynique continuellement déçu par les daubes qui sont excrétées par le Jump ces temps derniers (quoi que... je crois avoir décelé une gemme au milieu du tas de merde, je reviendrai vers vous le moment venu pour en parler).
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MessagePosté le: Mer 12 Sep - 01:36 (2018)    Sujet du message: Les critiques du père Jojo Répondre en citant

 Merci pour la critique et ravi d'avoir pu de faire voir le manwa sous un autre angle  et désolé de passer en retard .
 
Citation:
un homme trouble et peu recommandable

Comment ça un homme trouble et peu recommandable!? 


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